Guide de Voyage en Iran : Conseils et Itinéraire de Visite

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5h30. C’est le temps qu’il faut pour passer de Paris à Téhéran, capitale de la Perse depuis plus de 200 ans. Voici mes impressions sur mon voyage en Iran.

 

Évoquer l’Iran en destination de voyage peut interpeller, voir même effrayer. Pourtant, pour nous Français, le niveau de vie y est accessible, et la population est une des plus accueillante qu’il m’ait été donné de rencontrer. Si cela ne suffisait pas, l’Iran fût historiquement traversé par la route de la soie, et les vestiges de l’empire Persan confèrent au pays un important patrimoine culturel.

 

Si vous souhaitez profiter d’un pays encore peu défiguré par le tourisme, et être surpris par l’accueil qui vous sera réservé : l’Iran est la destination parfaite!

 

Préparer son voyage en Iran

Le plus économique pour se loger lors d’un voyage en Iran sont les auberges de jeunesses (« Mosaferkhuneh »). Ce n’est par contre pas forcément l’hébergement idéal pour les femmes voyageant seules.

 

Pour un peu plus de confort et d’intimité vous trouverez biensur de nombreux hôtels sur place. Les prix étant majorés pour les étrangers n’hésitez pas à marchander et à comparer les différents établissements.

 

Pour sortir des entiers battus et profiter de l’hospitalité locale optez pour une chambre chez l’habitant. Ces « otagh » sont trouvables sur place ou référencés sur des sites comme HomeStay.

 

Enfin, pour des raisons de sécurité, il est déconseillé de pratiquer le camping sauvage.

Malgré les a priori l’Iran reste une destination bien desservie par les transports.  En étant muni d’un visa (sauf passeport ou tampon israélien) vous n’aurez pas de problème pour rentrer dans le pays.

 

De nombreuses compagnies aériennes déservent le pays et l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran se situe à 30km de Téhéran.

 

Voyager à l’intérieur du pays est assez aisé. En effet, l’Iran possède un bon réseau ferroviaire (les départs se font par contre à Téhéran) et un large réseau de bus (plus de 20 compagnies).

 

Même si le le concept de location de voiture n’est pas très développé, il est possible de louer une voiture en Iran. Le paiement se fera souvent en liquide sur place et il est impératif d’être muni d’un permis international.

Coté budget l’Iran reste une destination bon marché, surtout depuis la fin de l’embargo.

Si vous logez dans une auberge de jeunesse, prenez vos repas hors des restaurants et vous déplacez en train ou en bus, un voyage en Iran vous reviendra à 30/40 euros par jour.

 

Votre budget tournera autour des 100 euros si vous visez les hôtels bon marché, quelques bons repas et des déplacements en taxi.

 

Gardez néanmoins en tête que les tarifs pour les étrangers sont majorés par rapport à ceux des locaux (avions, hôtels ou encore visites touristiques).

 

Enfin, oubliez les paiements en CB en Iran. L’économie ne tourne qu’autour de l’argent liquide.

Saisons idéales pour partir

Les périodes idéales pour visiter l’Iran sont le printemps et l’automne, les températures n’étant pas aussi étouffantes qu’elles le sont en été (jusqu’à 50°C dans le désert).

 

Toutefois, un visage méconnu de l’Iran est sa dotation en infrastructures de qualité pour les sports d’hiver. La chaîne des Alborz, au nord de Téhéran culmine à plus de 5600m, attirant les citadins de la capitale dans les nombreuses stations du nord du pays.

 

Précautions à prendre

Quelques précautions sont à respecter lors de son voyage en Iran si l’on ne souhaite pas rentrer en France plus tôt que prévu, voir visiter les geôles iraniennes pour quelques jours.

 

Il est interdit pour les hommes de porter des shorts sur place. En plus de ça, les femmes doivent porter le hijab en permanence sous peines de sanctions. Pourtant, nombreuses sont celles qui le portent légèrement, couvrant à peine l’arrière de la tête et reposant sur le chignon noué en permanence.

Principalement à Téhéran, il est courant que le hijab soit porté en complément de vêtements moulants (jean, t-shirt,…), à l’image d’un pays tiraillé entre modernisme et poids des institutions religieuses.

 

Enfin, il peut-être utile d’apprendre quelques rudiments du « Farsi » afin de se faire comprendre un minimum sur place. Il n’existe que peu de panneaux en alphabet latin. De plus, seuls restaurants disposant d’une carte en Anglais sont ceux visant la communauté de touristes.

 

Pour plus d’informations et pour rester au courant des dernières mises à jours sur les précautions à prendre, il est conseillé de visiter le site du Ministère des affaires étrangères ou celui de l’ambassade d’Iran à Paris.

 

La Population en Iran

Le plus grand choc de mon séjour en Iran fût le comportement des habitants à mon égard.

 

Le « Taarof » désigne l’extrême courtoisie dont font preuve les Iraniens, déstabilisant au premier égard. Par exemple, nombreuses sont les invitations (à manger, à ne pas payer,…) que j’ai reçues. Néanmoins, la coutume fait qu’il est nécessaire de refuser au moins 3 fois l’invitation de son hôte afin de vérifier si n’était qu’une manifestation du Taarof ou une proposition réellement sincère.

Coucher de Soleil Iran

De plus, en-cas de besoin, la plupart des locaux se démèneront pour vous aider. Lors de mon arrivée à Téhéran, à la recherche de ma guesthouse, j’ai poussé la porte d’un hôtel afin de demander ma route.

Non seulement, la réceptionniste m’a proposé dans un français plus que correct de rester utiliser le wifi. De plus, elle m’a également fait apporter dattes et thé pour me rassasier, tout en partageant avec moi ses conseils pour profiter pleinement de la ville.

 

Itinéraire pour visiter l’Iran

L’itinéraire que j’ai suivi est l’itinéraire « traditionnel » d’un premier voyage en Iran, celui emprunté par une majorité. Partant de Dubaï, j’ai rejoint directement Shiraz en avion pour remonter jusqu’à Téhéran par les terres.

 

Je me suis uniquement déplacé en bus locaux, climatisés et plutôt confortables. J’ai consacré deux semaines à ce voyage, afin de me faire un aperçu de ce pays et découvrir suffisamment chaque ville sans avoir à me presser.

 

 

Etape 1 : Persépolis

A 60 kilomètres de Shiraz via la Route 65 vous pouvez rejoindre Persépolis en un peu plus d’1 heure de voiture.

Pour visiter ce site incontournable d’Iran il vous faudra entre 2 et 3 heures. Classés patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1979, ce lieu est mytique et chargé d’histoire. Par contre il ne reste principalement que des vestiges.

 

Vous pourrez y admirer de magnifiques statues de lions ailés ainsi que des colonnes majestueuses. De plus, attardez vous sur les bas reliefs décrivant les différents peuples de l’Empire Perse.

Les férus d’histoire et d’architecture voudront emprunter le même chemin que les hauts dignitaires arpentaient pour rendre visite au roi Darius. Les explications étant assez rares sur place, munissez vous d’un bon guide ou d’un plan détaillé pour vous situer et appéhender les différents monuments.

Ruine Persepolis Iran

Pour finir votre visite, rendez vous ensuite à Naqsh-E Rostam, un site archéologique qui regroupe quatre tombes royales dont l’une d’elles est considérée comme celle de Darius 1er. Situé à 5 kilomètres au nord-ouest de Persépolis, ce site monumental est directement creusé dans la montagne.

 

Etape 2 : Yazd

2ème étape après mon arrivée à Shiraz, une des villes les plus anciennes au monde.

Le centre-ville historique est rempli de monuments incontournables, mais c’est un peu en dehors de la ville que se trouvent les célèbres Tours du Silence. Nécropoles faîtes de boues, situées sur des buttes surplombant la ville, elles servaient autrefois à emporter les âmes des dépouilles qu’on y déposait.

 

L’atout charme de Yazd, ce sont les rooftops sur chacun des bâtiments de la vieille ville. Suite à une erreur dans ma réservation, la guesthouse où je devais rester m’a prêté une couverture afin que je dorme sur les toîts. Ce fût une superbe expérience en face de la magnifique Jame Mosque, illuminée de bleu dès la nuit tombée.

 

C’est autour de cette même mosquée que se trouvent de nombreux bars et restaurants, permettant de déguster les thés locaux en fumant la shicha traditionnelle dès le crépuscule.

 

Etape 3 : Isfahan

Vitrine de l’architecture iranienne, Isfahan est ville moderne construite autour du Naqsh-e Jahan Square, véritable institution. Un palace, deux mosquées, et un des plus grands bazar d’Iran. Ces espaces sont entourés d’espaces verts et fontaines, lieu de rencontre des Iraniens à la nuit tombée.

 

Alors que je me promenais dans le bazar, je fut invité par des marchands de tapis à partager tout d’abord un thé, puis un pique-nique aux milieux des locaux. A peine le soleil couché, la place se transforme. Parents et grand-parents se réunissent sur un tapis, partageant thé et repas traditionnel, pendant que les enfants jouent au ballon.

 

Etape 4 : Kashan

Petite agglomération située à 3h au sud de Téhéran, Kashan est la porte d’entrée sur le désert de Maranjab qui borde la ville. C’est ici que j’ai réalisé une de mes plus belles excursions de tout mon voyage en Iran. Visite d’une ville souterraine, d’un fort d’argile du XVème siècle et d’un mausolée. Tout ceci avant de contempler les teintes orangées du coucher de soleil sur l’immensité du désert.

mosquee kashan Iran

Je passerais la nuit dans un ancien caravansérail reconverti en halte pour voyageurs à la recherche d’exotisme. Malgré un confort sommaire, la nuit durera quelques heures afin d’observer le lever de soleil sur un lac salé. Etrangement ce type de lac est similaire à celui que l’on peut observer en Bolivie.

 

« Do you think we are terrorists ? »

Nul besoin de traduire, mais cette question me choque encore. Elle m’a été posée par un adolescent de 18 ans lors d’une intervention que j’ai faite dans une classe d’apprentissage d’Anglais.

 

A des années lumières de l’image que l’on peut s’en faire, l’Iran est l’exemple typique d’un pays culturellement riche, mais appauvri par l’image qui en est faite par les médias. Et ce n’est pas eux qui voyageront pour faire changer ces a-prioris. En effet, les iraniens ne sont autorisés à sortir du pays qu’après avoir effectués leur deux ans de service militaire obligatoires. Et pour ceux ayant passés ce cap, ils doivent faire une demande de visa quasi-systématique pour chaque voyage.

 

Heureusement, l’embargo et les sanctions économiques des Etats-Unis et de l’Union Européenne ont été levées il y a quelques mois, améliorant donc les relations internationales qu’entretient le pays.

C’est l’occasion parfaite pour faire un voyage en Iran et visiter ce joyau du Moyen-Orient!

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Térence Brami
terencebrami@gmail.com

Etudiant de 22 ans à l’école de commerce de Grenoble, ma passion par les voyages a débuté il y a 2 ans, lorsque j'ai fais le grand saut avec un permis vacances travail en Australie.Ce voyage a permis de me re-dévouvrir, mais surtout, de changer la façon dont j’appréhendais l’inconnu.J’ai depuis repris mes études en essayant au maximum de concilier ma passion avec les opportunités qui me sont données de partir (stages, petits boulots,...).Mon prochain départ ? J’ai commencé à apprendre le chinois cette année, pour un stage de 6 mois cet été à Shanghai.

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